Tout est fermé. La plupart des gens restent cloitrés chez eux. Quand j'étais jeune, le dimanche c'était le jour du seigneur. On allait à l'église en famille, puis chaque famille rentrait chez elle. Parfois on partageait des pique-nique ensemble. Mais bon, ensuite quand tu rentre tu bosse, tes parents font le ménage, ton père te fais chier à 22 heures le soir quand il empêche d'aller au toilettes parce que Monsieur a décidé qu'il passait la serpière. Toi t'es seule le dimanche tu t'ennuie. Tu ne cesse de regarder dehors. Tu te dis que peut-être là-bas il s'y passe des choses. Mais rien n'y fait, c'est désert. Puis quand tu demande pour sortir on te dit que le dimanche personne ne sort. Etrangement, tous tes dimanches se ressemblent. Et puis le dimanche c'est aussi les réunions de famille, qui généralement se terminent mal, voir en pleurs, ou par des claques. Parfois, je me dit qu'on ferais mieux de ne se réveiller que le lundi. Puis finalement, un jour, je me suis dit que le dimanche était peut-être fait justement pour rester avec ses proches. Parce que c'est grâce au dimanche, que tu es peut-être encore en vie. C'est à force d'avoir répété ces longues promenades au bord du lac, en discutant longuement avec toi que j'ai compris que tu allais très mal, que tu avais mal au plus profond de ton coeur, que tu voulais faire une bétîse, c'est peut-être à ce moment là que j'ai compris que j'avais besoin de discuter avec toi autant que toi tu en épprouvait le besoin. Je me dis parfois que ces dimanches là t'on peut-être épargnés. Et maintenant que je suis loin de toi et que toi tu es loin de moi, ces promenades du dimanche me manque, et parfois j'ai peur qu'elles te manque aussi. On a grandit ensemble, on s'est tout confié, on a tout partagé, on s'est un peu éloigné maintenant, et parfois je crains que le dimanche ne t'emporte...